OPETH – Sorceress (2016)

 

opeth-sorceressCertes, j’ai toujours touvé Opeth et son leader Mikael Åkerfeldt éminemment sympathiques. Certes. Mais je ne peux pas dire que l’orientation musicale prise par le groupe sur ses dernières productions m’ait particulièrement touché. J’avais trouvé un ou deux titres sympathiques sur Heritage mais son successeur m’avait laissé de marbre.

Soyons honnête, ce qu’était devenu Opeth m’ennuyait un peu, voire profondément. Je n’étais clairement plus la cible que visaient les Suédois. Pourtant, Dieu sait que j’ai pris mon pied avec eux ! J’étais donc prêt à leur donner une nouvelle (dernière ?) chance. Sans vraiment y croire… Allaient-ils encore me proposer leur cocktail de rock progressif fortement typé 70’s aux accents jazzy (que je qualifierais personnellement de relents de musique d’ascenseur) ?

Allez, on pose le disque sur la platine… L’intro n’a rien pour me rassurer. Une jolie mélodie acoustique, mouais… Et puis, le miracle a lieu ! J’avais déjà lu quelques avis sur le net. La plupart, positifs, affirmaient qu’Opeth confirmait et assumait pleinement son évolution vers un prog seventies. J’envisage pour ma part cet album différemment. Les Suédois ont enfin trouvé l’alchimie quasi parfaite entre leurs racines metal extrême et leurs aspirations (proto) heavy rock 70’s.

Attention ! Ne vous attendez pas pour autant à retrouver des sonorités death metal ni la moindre trace de chant growlé ! Mais même sans ces éléments, Opeth devrait parvenir à capter à nouveau l’attention de ses anciens fans. On retrouve sur Sorceress la puissance et l’énergie qui avaient déserté ses deux derniers disques. Tout en restant techniques, les morceaux se font plus directs. On est surpris par la lourdeur de certains passages (« Sorceress », « The Wilde Flowers ») comme par l’énergie dégagée par l’utilisation de mid-tempos parfois soutenus (« Chrysalis », « Era »).

Bien sûr, Sorceress est profondément ancré dans les années 70. Les claviers sont omniprésents et n’hésitent pas à répondre aux guitares dans des solos dignes du Deep Purple de la grande époque. Mais c’est le nom de Led Zeppelin qui m’est revenu le plus souvent à l’esprit. L’hommage se fait subtil mais aussi plus appuyé comme sur « Will o the Wisp » qui n’ai pas sans rappeler « Stairway to Heaven ». Plus curieusement, la mélodie et en particulier la ligne de chant de « Sorceress 2 » m’ont fait penser au titre « Child in the Tree » de The Young Gods.

Même quand il s’éloigne du rock lourd, Opeth se montre encore efficace comme sur l’excellent instrumental « The Seventh Sojourn » aux sonorités orientales avec sa basse rampante, menaçante et qui est évoque la B.O. de Conan le Barbare. Du cinéma, cet album n’en est pas très éloigné tant chaque morceau semble raconter une histoire. Dans cette optique, j’ai d’ailleurs réévalué l’intro la trouvant bien plus intéressante et pertinente.

Avec Sorceress, Opeth frôle à nouveau le chef-d’œuvre de peu. Deux titres (« Strange Brew » et « A Fleeting Glance ») ne permettent pas aux  Suédois d’atteindre le perfect : trop mous, trop jazzy, trop moyens. Mais ce n’est au final qu’un détail.

Opeth nous offre un incontournable de cette fin d’année 2016 !

Note : 17/20

Un mot encore pour signaler la sublime édition vinyle picture-disc qui permet d’admirer le très bel artwork signé Travis Smith.

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Site d’Opeth : http://www.opeth.com/

Site de Nuclear Blast : http://www.nuclearblast.de/

Site de Travis Smith : http://www.seempieces.com/

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