Croix de fer

Croix de Fer (Iron Cross)

Un film de Sam Peckinpah – USA / RFA / Yougoslavie- 1977

guerre

avec  : James Coburn, Maximiliam Schell…

Blu-Ray – 2012 – 132 min – Studio Canal

Le front russe en 1943. C’est le début de la fin pour l’armée allemande. Le capitaine Stransky, un aristocrate prussien, est prêt à tout pour obtenir la Croix de fer, même à sacrifier ses hommes. Il se heurte au caporal Steiner, baroudeur cynique et aguerri, qui défend ses hommes, et ce qui leur reste d’humanité…

L’avis de KultureShoot.com :

Quelle déception que ce Croix de fer !

Il présente pourtant quelques points forts. Déjà, aborder la Seconde Guerre mondiale du point de vue des Allemands dans une production américaine est, je pense, assez rare, surtout à l’époque. Ceci-dit, le thème est assez universel : comment garder son humanité en temps de guerre ? La question est ici traitée de façon pertinente.

La qualité première du film réside avant tout dans la prestation qu’offrent les acteurs. James Coburn, qui interprète le caporal Steiner, est tout bonnement excellent. Il fait preuve d’un sacré charisme. Le reste du casting ne démérite pas et parvient à donner une réelle consistance aux différents personnages.

Donc là, normalement, vous vous dites : « bon ben, ça n’a pas l’air si mal finalement… ». Oui mais non, mon brave lecteur. Toute cette bonne volonté et ces idées intéressantes voient leur impact amoindri par des choix de réalisation le plus souvent, comment dire… douteux ! Pour simplifier, on peut dire que le film est divisé équitablement entre scènes de bataille et dialogues. Commençons par ces derniers.

On est bien d’accord qu’on parle de Sam Peckinpah et pas du premier pinpin venu. Alors pourquoi la plupart des scènes de dialogue ressemblent à du théâtre filmé ? C’est un sommet de platitude (paradoxale, n’est-il pas ?). On assiste à un enchaînement quasi systématique de champs contre champs qui affaiblit considérablement l’impact de répliques pourtant bien écrites et jouées avec conviction par, je le rappelle, de très bons acteurs. Hein pourquoi !!

D’un naturel optimiste, vous allez me dire : « ce n’est pas bien grave, le film doit se rattraper par ses scènes d’action. C’est un film de guerre avant tout. » Je vous répondrai que c’est certainement ce qu’a cherché à faire Peckinpah : juxtaposer des scènes de dialogue calmes à des scènes de batailles outrancières. Ne dit-on pas qu’il est le cinéaste de la violence ? Malheureusement, pour bien nous montrer la violence et la cruauté des combats dans leurs moindres détails, Sam Peckinpah use et abuse et re-abuse de putains de ralentis ! Zack Snyder, à côté c’est du pipi de chat ! Vous pensiez que les ralentis sur la musculature outrancière de Gerard Butler dans 300 étaient kitsch ? Hérétiques, blasphémateurs ! Les ralentis de Croix de Fer atteignent une quintessence qui ne sera peut-être égalée que par ceux d’Alerte à Malibu. Bon d’accord, je suis un peu méchant mais le résultat est vraiment gênant et amenuise grandement l’impact de scènes de bataille qui se veulent pourtant réalistes.

Allez tout n’est pas si noir. Par moment, Peckinpah semble retrouver sa lucidité. Ainsi, certaines scènes filmées caméra à l’épaule, façon documentaire, au plus près des combattants, font vraiment leur effet. Elles laissent songer au film qu’aurait pu être Croix de Fer avec d’autres choix de réalisation. La partie centrale du film qui se déroule dans un hôpital militaire et qui montre le caporal Steiner confronté à ses traumatismes, est plutôt réussie.

Conclusion

J’ai été dur avec Croix de Fer mais c’est que je voulais l’aimer moi ce film ! Alors certes, on est loin du navet mais avant de le voir, il faut se préparer à une réalisation qui souvent paraîtra datée, voire kitsch. Ces restrictions en tête, on peut tout à fait visionner le film, ne serait-ce que pour les idées intéressantes qu’il véhicule.

Note : 11/20

 

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