« Berserk », la série animée : de la chair et du sang !

Je viens de regarder l’intégrale de ce classique de l’animation japonaise qu’est « Berserk ». Cette série de dark fantasy pour adulte, diffusée pour la première fois en 1997, reprend le premier tiers de l’édition papier : le premier épisode de la série condense, en gros, les trois premiers volumes et les 24 épisodes suivants reprennent la plupart des éléments des volumes 4 à 13.

Se déroulant dans un monde médiéval légèrement teinté de fantastique, « Berserk » narre les aventures de Guts,  un mercenaire impitoyable reconnaissable à sa gigantesque épée à deux mains. Sa vie et sa carrière vont prendre une dimension exceptionnelle quand son chemin va croiser celui de Griffith, le chef d’une troupe de mercenaires, la Brigade des Faucons.

« Berserk » est une série qui a indéniablement bien vieilli. Certes, l’aspect technique peut faire daté par moment : plan fixe pour les scènes de bataille, manque de finesse dans le dessin de personnage ou animation parfois approximative. Mais cela a peu d’importance car l’intérêt de cet animé réside ailleurs. Déjà, les personnages sont hors du commun. Ici, pas, ou peu de manichéisme. C’est tellement vrai qu’il est même nécessaire de faire un effort pour s’attacher à ces héros qui se dévoilent peu à peu.

On est également loin des thèmes généralement abordés dans l’heroic  fantasy : pas de lutte titanesque du bien contre le mal, avec des armées d’orcs ou d’elfes (d’ailleurs, l’elfe présent dans les premières pages du manga est passé à la trappe). Le thème principal qui s’impose progressivement au fil des épisodes est celui de la réussite, de l’épanouissement personnel. « Berserk » pose en fait une question : la réussite personnelle est-elle forcément égoïste  et implique-t-elle de se détacher de ses proches, voire de les sacrifier ? A l’écran, cela se traduit par une saga violente et même sadique : ça charcle et ça gicle abondamment ! La version animée reste quand même moins gore que la version manga qui multiplie les démembrements. Le sexe a aussi droit au chapitre et sans tabou (Guts se fait violer quand il est encore enfant avec le consentement de son père adoptif…). De par ces aspects, « Berserk » m’a énormément rappelé « La Chair et le sang » de Paul Verhoeven (ce qui est un putain de compliment !).

« Berserk » n’est toutefois pas parfait. Je l’ai déjà dit mais la technique laisse parfois à désirer. Mais surtout, je pense que la série est trop courte. Cela se ressent particulièrement dans les derniers épisodes où les événements s’enchainent  sans temps mort au risque de déconcerter le spectateur qui se demande s’il n’a pas raté quelque chose. Et encore, l’adaptation animée a sacrifié certains passages. D’ailleurs sur ce point, si l’absence de scènes de combat n’est pas dommageable à l’intrigue, pourquoi ne pas parler de l’attirance physique du roi pour sa fille qui explique la haine que voue le monarque à Griffith. Enfin, autre point négatif, plus anecdotique mais irritant : le générique de début. Alors déjà, il est un peu hors de propos, mais ça on a l’habitude avec l’animation japonaise. Mais que le riff de guitare sonne totalement faux, ça, c’est impardonnable !!

Mais ces points négatifs pèsent bien peu dans la balance.  Violent, désespéré, « Berserk » est un classique qu’il faut voir, surtout qu’on peut le trouver à petit prix dans un chouette coffret DVD, joliment présenté (quoique sans bonus) édité par Dybex.

Coffret Berserk intégrale (Dybex)    Berserk coffret intégrale dybex

 

Depuis juillet 2016, une nouvelle série Berserk est diffusée au Japon, qui reprend là où le fil de l’histoire s’est arrêté en 1998.

Lien vers l’éditeur : http://www.dybex.com/fr/

 

Trailer : https://www.youtube.com/watch?v=enYu2Zgv0R4

 

Laisser un commentaire