Benighted – Necrobreed

Benighted  – Necrobreed

Season of Mist – 2017

Brutal Death moderne

 

Necrobreed est le 7ème album studio des Français de Benighted. Il compte 12 titres (dont 1 intro) pour un peu moins de 40 minutes de death brutal et technique. Les chansons, dont une interprétée en Allemand et deux en français, traitent de la folie, des psychopathes et autres joyeusetés.

 

L’avis de KultureShoot.com

Benighted fait indéniablement très fort avec Necrobreed. Je pense vraiment qu’on tient là un album qui va marquer le death metal. Necrobreed est brutal, technique mais pas démonstratif et surtout ultra efficace.

Benighted semble s’être fait un point d’honneur à composer de « vraies » chansons ! Cela est particulièrement flagrant sur « Reptilian », « Leatherface », « Versipolis » ou le terrible « Necrobreed » (en fait, je me rends compte que je pourrais citer tous les morceaux de l’album) qui possèdent de véritables refrains qui donnent une réelle identité à ces titres et facilitent leur assimilation. L’air de rien, y parvenir dans le domaine du death brutal et ce, sans faire de compromis, est un bel exploit. On imagine facilement l’effet que vont avoir « Reeks of Darkeened Zoopsia » ou « Mass Grave » et leurs refrains fédérateurs en concert.

J’ai le sentiment que cette réussite, Benighted la doit en grande partie à Julien Truchan, son incroyable vocaliste. Le travail qu’il a abattu sur cet album est tout bonnement incroyable. La place du chant y est primordiale et la plupart des morceaux semblent structurés autour de ce dernier. Tous les registres y passent : chant growlé, chant hurlé, chant black et bien évidemment les indispensables pig squeals qui sont devenus une des marques de fabrique du groupe et dont Julien est le maître incontesté ! Le travail sur les vocaux se ressent aussi sur le soin apporté aux chœurs. La fin de « Psychosilencer » et ses chœurs typés hardcore en sont un parfait exemple.

Hellfest 2014

Necrobreed est également une réussite car il regorge d’idées utilisées à bon escient et qui maintiennent l’intérêt de l’auditeur. Tous les titres ont quelques choses à proposer. Les changements de tempo sont légion : on passe de passages lents et lourds à d’autres où la batterie devient hystérique (il faut d’ailleurs signaler l’impressionnante prestation du nouveau batteur Romain Goulon). Necrobreed, c’est du blast beat, beaucoup de blast beat mais c’est aussi quelques solos, un brin de mélodie (enfin, je me comprends : plus mélodie à la Nasum qu’à la Arch Enemy), des passages entraînants, des arpèges sinistres et quelques notes de piano qui créent une ambiance malsaine.

Vous en voulez encore ? Allez, grand seigneur (saigneur ?), Benighted vous propose en plus un peu de punk (le titre « Necrobreed »), des parties bien  techniques (l’intro de « Der Doppelgänger »), des samples et pour les plus gourmands quelques infrabasses que n’auraient pas reniées  les confrères d’Aborted. Et bien sûr, le tout bénéficie d’un enrobage sonore parfait. Le son est massif et clair à la fois, permettant ainsi à l’auditeur de capter chaque instrument et d’en saisir les finesses.

Benighted s’est également fait plaisir en conviant quelques figures de la scène metal dont Trevor Strnad de The Black Dahlia Murder (excusez du peu) et Arno de Black Bomb A. Ce dernier pose son chant sur « Cum With Disgut » une subtile monstruosité évoquant la progéniture incestueuse engendrée par Cannibal Corpse qui aurait forniqué avec Napalm Death… Au passage, j’ai cru également noter une influence Napalm prononcée sur le titre « Mass Grave » qui m’a rappelé la période que je préfère chez nos chers Britanniques : celle de Fear, Emptiness, Despear et Diatribes.

Si avec tout ça vous n’êtes pas encore rassasié, sachez qu’il existe une édition deluxe qui propose deux morceaux bonus : les reprises « Biotech is Godzilla » de Sepultura et  « Christraping Black Metal » de Marduk. Si elles sont très fidèles aux originaux, Benighted parvient à y imposer sa marque. C’est particulièrement flagrant sur le titre de Marduk qui devient du pur death brutal. J’avoue que je conserve ma préférence pour la version des intouchables suédois qui garde une aura et une urgence assez uniques.

 

Conclusion

Benighted est grand ! Il vient de proposer avec Necrobreed un album majeur du death metal contemporain et parvient à éviter subtilement tous les écueils pourtant nombreux dans ce style musical. Je pense sincèrement qu’on tient là un futur classique du genre et peut-être du metal en général. Necrobreed a tout d’un album majeur : il se laisse facilement apprivoiser mais livre encore de nouveaux secrets à chaque écoute. Benighted, les Beatles du brutal death ?

Benighted est un symbole ! Le symbole d’une scène française qui se porte bien. Une scène française qui fait un grand doigt à tous ceux qui crient que c’était mieux avant. Une scène où le niveau et la qualité des groupes ont explosé. Une scène aussi plus mature.

Benighted, président !

Note : 20/20

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