Albums 2016 – partie 2

Voici quelques chroniques de plus d’albums sortis en 2016. Une dernière fournée suivra.
Blood Ceremony – Lord of Misrule

1 LP – Rise Above Records – 2016

Heavy Rock occulte avec du chant féminin et une flûte

J’ai déjà un peu tout dit dans la ligne du dessus. Blood Ceremony pratique une sorte de Hard Rock très typé (mais alors vraiment très typé) 70’s. La particularité de cette formation canadienne est d’avoir une chanteuse, Alia O’Brien, mais aussi d’utiliser régulièrement une flûte ! Autrement dit, Blood Ceremony ne plaira pas à tout le monde.

Personnellement, jusqu’à cet album, je ne connaissais le groupe que de nom. Une fois habitué au chant (attention c’est féminin mais ce n’est pas du lyrique pour autant), je dois avouer que j’aime bien ce que le groupe propose. Blood Ceremony est signé chez Rise Above Records, le label fondé par Lee Dorian (le chanteur de Cathedral) et ce n’est pas un hasard. Leur style peut facilement être rattaché à la grande famille du Stoner. On y retrouve ainsi plein d’éléments que l’on peut entendre chez d’autres membres de la famille, aussi bien chez les grands parents (Black Sabbath, qui d’autre ?) que chez la nouvelle génération (certaines rythmiques rappellent sacrément Ghost, groupe qui, par ailleurs, a également fait ses premiers pas sur le même label).

Les titres, plutôt bien composés dans l’ensemble, varient les plaisirs : tempo enlevé, Doom, mid tempo, pop 60’s et même ballades acoustiques. J’ai souvent vu leur style qualifié de prog. Franchement, si c’est ce que vous recherchez, vous serez déçus. On est ici bien plus proche d’un Uncle Acid and the Dead Beats et son rock minimaliste que d’un Opeth et son Heavy rock touffu.

En tout cas, l’album est bien sympathique et vous transportera dans un monde de sorcières hippies goth  qui jouent de la flûte en regardant des films de la Hammer.

 

Entombed AD – Dead Down

1 LP – Century Media – 2016

Swedish old school Death Metal à la Suédoise from Sweden

Ce nouvel album d’Entombed AD (puisque c’est ainsi qu’il faut maintenant appeler la formation suédoise) est, pour moi, plutôt une bonne surprise. On est rassuré dès le premier titre qui s’avère être une vraie petite bombe de Death old shool bougrement efficace, bien rapide et rageur. Entombed AD varie les plaisirs en offrant des morceaux rapides (sans blast toutefois), mid tempo, voire lents aux limites du Doom. Sur les dix titres de l’album, une moitié est vraiment bonne.

Seuls deux titres ne m’ont pas convaincu : « As the world fell » qui se voudrait Doom mais qui au final est juste ennuyeux et « Total Death », un titre rapide sur lequel le chant et les guitares, curieusement placés, font perdre en efficacité. Globalement, Dead Down est donc un bon album qui réserve même quelques surprises au détour d’une chanson : arrangements typés Heavy Metal par-là,  une mélodie au piano ici. C’est également  un plaisir de retrouver un L.G. Petrov au chant bien agressif. Et puis, il y a toujours ce putain de son bien gras comme il faut quasi-inimitable.

Alors oui, Entombed AD n’atteint peut-être pas les sommets du dernier Bloodbath mais réjouira tout de même les fans de Death suédois (les amateurs de Cancer Bats peuvent également y jeter une oreille, ça pourrait leur plaire)

 

Red Fang – Only Ghosts

1 LP – Relapse Records – 2016

Stone rock mais pas que

Only Ghosts est le quatrième album des Américains de Red Fang, groupe pratiquant un Stoner plutôt rentre dedans. J’apprécie beaucoup Red Fang mais j’avoue que j’ai eu du mal à rentrer dans ce disque. Les premières écoutes m’ont déstabilisé. Alors que j’attendais une musique fun et directe, j’ai eu le sentiment de me retrouver face à une oeuvre bien plus sombre. Du Stoner, Red Fang était passé au Sludge.

En fait, Only Ghosts est un album en deux parties.

La première (5 chansons et un interlude) est l’aspect le plus classique du groupe. Ce sont des titres plutôt rapides construits autour de riffs et de refrains accrocheurs. Les deux chants, un hurlé (qui rapproche parfois Red Fang du Hardcore pratiqué par Cancer Bats) et l’autre plus mélodique, qui sont une des marques de fabrique du groupe, sont très bien utilisés. Plus Doom, « No Air » est structuré autour d’une ligne de basse secondée efficacement par la batterie. Cette dernière sonne par ailleurs très bien, naturelle et puissante. Cette première partie se clôture sur un « Not for You »  très Queen of the Stone Age dans l’esprit, avec des guitares simples mais efficaces et qui s’achève sur une accélération assez jouissive.

La seconde partie, elle, est un peu différente. Les morceaux, plus longs, posent une ambiance plus sombre. Le diptyque « The Smell of the Sound »/ »The Deep », parfois lancinant, quasi incantatoire,  parfois plus rapide, évoque une fusion entre Mastodon et Kylesa (certainement une des influences majeures de cet album). La fin du disque m’a rappelé l’ambiance que l’on pouvait retrouver sur le Stoner Witch des Melvins.

Avec du recul, j’ai oublié mes réticences du début. Red Fang a su progresser tout en gardant sa personnalité. Au final, il n’y a rien à jeter sur ce Only Ghosts où les quatre gus s’affirment comme de redoutables compositeurs. Encore un très bon disque de cette fin d’année…

Sodom – Decision Day

2 LP – SPV GmbH – 2016

Thrash qui y croit encore

Cela faisait un certain moment que je ne suivais plus l’actualité des Allemands. C’est la curiosité qui m’a poussé à acquérir leur dernière production. Les pointures du Thrash que ce soient Slayer, Testament, Kreator, Sepultura ou Metallica (nan, je déconne !) ne m’avaient pas convaincu depuis bien longtemps, qu’avait donc à proposer Sodom ?

Bon, déjà, un premier bon point : Tom Angelripper continue de hurler derrière son micro et ne cherche pas à chanter. Le bougre a encore du souffle et ses vocaux sont suffisamment variés pour éviter que l’ensemble ne soit trop monotone.

L’album se divise en trois parties :

  • le début est plutôt explosif avec un enchaînement de morceaux pied au plancher, typiquement Thrash épicé d’une pointe de Punk;
  • le cœur de l’album est plus dans une veine Heavy-Thrash, composé de titres plus mid-tempo avec juste ce qu’il faut de mélodie ;
  • pour la fin, Sodom envoie à nouveau le pâté en frôlant le hardcore et en se permettant même un semblant de blast beat.

Dans un premier temps, Decision Day, mis à part les premiers titres, ne m’avait pas vraiment convaincu. Plusieurs écoutes attentives m’ont fait changer d’avis. Sodom fait plus qu’assurer le boulot en proposant un réel effort de composition aussi bien au niveau des riffs que des refrains. En plus, ça devrait faire son petit effet en concert !

Sodom y croit encore !

 

Laisser un commentaire