Albums 2016 – Partie 1

Il est encore temps de revenir sur les sorties musicales de l’année 2016. Ce n’est pas un bilan exhaustif ni classement des meilleurs disques que je vous propose ici. Il s’agit simplement de quelques albums que j’ai appréciés. C’est parti pour la première partie de cette rétrospective :

 Abbath – Abbath

1 LP – Season Of Mist – 2016

Black-death catchy

Ce premier album d’Abbath (ex-Immortal) en solo est une bonne surprise. Il propose 8 titres d’un black metal plutôt facile d’accès (tout reste relatif…) car très bien produit. Logiquement, la musique proposée reste assez proche de celle des derniers opus d’Immortal. Le chant, en particulier, est exactement le même. On peut également penser à la démarche artistique d’un Satyricon mais en plus fun, plus rock’n’roll.

Si l’album est globalement rapide, quelques passages mid-tempo très martiaux viennent apporter une touche accrocheuse au tout. Les variations de rythme sont d’ailleurs un des points forts de ce disque. Il faut souligner le travail abattu par Kevin Foley (ex-Benighted) qui est impérial derrière ses fûts et qui contribue indéniablement à la réussite de l’album.

Cet album d’Abbath est donc une très bonne surprise. On a en plus droit à un des tubes de l’année 2016, et peut-être même le tube : l’excellent « Winter Bane » !

 

 Aborted – Retrogore                                                   

1 LP – Century Media – 2016

Funny brutal Death (sans cri de goret)

Avec Benighted, Aborted est certainement mon groupe de Death moderne préféré. Comme son cousin français, le groupe belge maîtrise une approche catchy de la musique extrême. On retrouve les habituels gimmicks qui font sa personnalité : l’alternance de chant growlé/hurlé, des solos mélodiques et ses indispensables infrabasses. Mais là où Aborted a fait la différence avec cet album, c’est qu’il est parvenu à trouver le dosage parfait entre brutalité (plus on avance dans le disque plus ça défouraille, lorgnant d’ailleurs vers Nile sur un titre), technicité (ça joue quand même velu !), mélodie et fun. Oui, Retrogore est un album ultra efficace, très bien composé (on peut reprocher des débuts de morceau très proches les uns des autres) et qui fait sévèrement bouger la tête. Et plus la pochette est super sympa !

Un must pour tout amateur de brutal Death moderne.

 

 Crowbar – The Serpent Only Lies

1 LP – Steamhammer / Spv – 2016

Heavy-Doom-Sludge-Core

Les américains de Crowbar nous livrent un très bon disque de Doom-Sludge. Bénéficiant d’un son énorme, le groupe nous propose une série de compositions particulièrement efficaces. Elles mêlent habilement une base heavy-doom, parfois assez aérienne avec des accents quasi gothiques que n’aurait pas reniés un Type O Negative,  à des accélérations Hardcore et Thrash. J’ai été agréablement surpris par le chant de Kirk Windstein qui, même s’il reste dans un registre assez limité, varie suffisamment pour éviter la monotonie.

Du tout bon !

 

 Dark Tranquillity – Atoma

1 LP – Century Media – 2016

Death mélodique suédois ( Dark Tranquility quoi…)

Les Suédois nous ont proposés cette année un 11ème album studio, Atoma. Ce disque peut être vu comme un condensé de leur carrière. On y retrouve (heureusement) les passages rapides typés Death mélodique dont ils sont, avec quelques autres comparses scandinaves, les géniteurs.  Atoma propose également des parties mélodiques plus posées mais également efficaces. Enfin, le sympathique Mikael Stanne s’essaye toujours au chant clair avec, aujourd’hui, bien plus de maîtrise et de réussite.

Voilà, voilà… Bien peu de surprise sur cet album. Si en fait. J’ai cru noter une influence Muse pas désagréable sur le titre « Clearing Skies ». Mais, attention, qu’on ne se méprenne pas ! Atoma est un disque plus que recommandable et Dark Tranquillity un groupe fort sympathique que j’apprécie énormément. Malheureusement, coincés entre des mélodies manquant d’émotion et une violence d’agressivité, les Suédois ne parviennent pas, à mon avis, à atteindre la classe supérieure comme ont pu le faire leurs norvégiens de voisins d’Enslaved, par exemple.

 

 

 Gojira – Magma

1 LP – Roadrunner – 2016

Death écolo à tendance mélancolique

Voilà un sacré disque ! Peut-être mon album préféré de l’année ! L’air de rien, Gojira est un des rares groupes actuels qui est parvenu à se créer une véritable identité musicale, un peu comme, dans un autre registre, Ghost. Et comme Ghost, les Français ont su évoluer tout en restant fidèles à leurs origines (certains passages rappellent même les deux premiers albums). Certes Magma est globalement le moins violent de leurs albums, mais il est peut-être aussi le mieux composé. Je trouve que le groupe maîtrise enfin son aspect atmosphérique. Finis les passages planants à tendances musique d’ascenseur (je suis dur, mais en concert c’était parfois lourd…). Gojira réussit là où un Dark Tranquillity (et de nombreux autres groupes) peine à s’imposer : mêler émotion et violence. Cette réussite, les Landais la doivent en grande partie aux lignes de chant que je trouve vraiment excellentes.

Gojira est définitivement devenu une valeur sure du Metal contemporain.

 

Grandval – A ciel ouvert

MP3 – Autoproduction – 2016

Chanson prog typée Pink‘Nareff Floyd

Bon forcément, cet album dénote un peu par rapport aux autres groupes présents dans cette chronique. Même si sa musique est agréable, c’est plus le personnage et la démarche que je souhaite mettre en avant. Grandval, le musicien, a mené son projet à terme seul (mais en sachant s’entourer d’amis de talent !) et démontre à lui seul que quand on veut on peut. Et rien que cela impose le respect. Ça fait quand même du bien de croiser des personnes comme lui, des personnes qui y croient encore !

Musicalement, A ciel ouvert propose un rock progressif qui sonne comme la rencontre de Pink Floyd pour les guitares et de Polnareff pour le chant (en Français). L’ambiance est souvent aérienne et prend parfois des élans poétiques. Pourtant, Grandval n’hésite pas à aborder les aspects les plus sombres de l’âme humaine (et il ne fait pas semblant puisqu’il traite carrément du nazisme, avec samples d’Hitler à l’appui…).

Pour les amateurs de prog et pour les plus éclectiques d’entre vous, Grandval est une agréable découverte de 2016. Et même si ce n’est pas du tout votre came, je vous invite à lire l’interview passionnante qu’il a accordée à KultureShoot.com. Ah oui, j’oubliais, en plus c’est auvergnat !

 

Opeth – The Sorceress / Darkthrone – Artic Thunder

2 LP – Nuclear Blast / 1 LP – Peaceville – 2016

Metal prog 70’s / Black Heavy-Thrash 80’s

 

J’ai déjà fait les chroniques détaillées de ces deux albums pour en dire tout le bien que j’en pensais. Pourquoi avoir regroupé ces deux groupes aux univers musicaux pourtant bien éloignés ? Je les ai associés car je trouve qu’ils ont une démarche artistique très proche : retrouver une musique d’une autre époque (un âge d’or perdu ?) et la fusionner à la leur.

Opeth
pratique sur The Sorceress une sorte de Hard Rock proto-Heavy Metal. Certes, on est loin de leurs débuts Death Metal mais on en trouve encore quelques traces au détour de rythmiques bien puissantes. Sur cet album, les Suédois s’épanouissent après deux disques où ils cherchaient encore leurs marques. La plupart des compositions sont superbes, certaines plutôt rentre dedans, d’autres plus planantes mais toujours efficaces. Et, même quand il ne growle pas, Mikael Åkerfeldt reste un putain de chanteur !

Chez Darkthrone, on a préféré revenir aux prémices du Metal extrême, celui du début des 80’s. A leur Black Metal ultra basique, primitif mais super efficace et groovy, le duo norvégien a ajouté quelques ingrédients empruntés aux grands anciens. Ainsi sans surprises, on va retrouver une bonne grosse louche de Motörhead mixé à du Punk (Venom ?) et du thrash. Plus original, Darkthrone se frotte également à la NWOBHM en prenant des faux airs d’Iron Maiden mais dans une version épurée jusqu’à la moelle ! Un super album même si je regrette l’absence de blast beat.

Voir deux monuments du Metal comme Opeth et Darkthrone qui, malgré de nombreuses années au compteur, cherchent toujours à se renouveler et qui y parviennent, ça fait quand même sacrément plaisir !

 

 

 Walls of Jericho – No one can save you from yourself

1 LP – Napalm Record – 2016

Hardcore avec un mixage de batteur

Avec ce « No one can save you from yourself », Walls of Jericho propose une bien belle mandale Hardcore matinée d’une grosse dose de Metal. Les amateurs seront aux anges. Tous les ingrédients indispensables sont au menu : accélérations Punk Hardcore bien speed, passages ultra lourds pour mosher comme des petits fous en concert, un chant bien agressif et même quelques chœurs. Candace Kucsulain est en grande forme et son chant frôle même parfois le growl.

Tout n’est pas parfait.  « No one can save you from yourself » reste un album de Hardcore ce qui implique une certaine redondance des morceaux et une certaine lassitude peut s’installer. Mais j’ai envie de dire que c’est un peu le style qui veut ça. Quant aux pauvres malheureux qui ont la version CD, ils devront conclure leur écoute sur une ignoble chanson bien cucul en chant clair assez insupportable ! Heureusement, l’édition vinyle propose deux bonus vraiment très bons.

Mais cet album a un énorme point fort, un atout qui fait toute la différence : la batterie. Les parties sont très typées Metal avec en particulier des passages à la double assez monstrueux. En plus, le son de la batterie et surtout de la grosse caisse est énorme et très naturel à la fois. On en prend plein la gueule et ça c’est cool !

 

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