14-18, Le bruit et la fureur (2008)

14-18-le-bruit-et-la-fureurUn film de Jean-François Delassus

1h50 – France Télévision édition – 2008.

Les documentaires sur la Seconde Guerre mondiale sont légion, de la série à succès Apocalypse aux innombrables productions de la BBC diffusées le vendredi soir sur RMC Découverte (je propose d’ailleurs à la chaîne de rebaptiser ces soirées « Vendredi, c’est nazi ! »). Pour la Première Guerre mondiale, c’est une autre histoire. Le manque d’images et souvent leur piètre qualité sont certainement un frein pour créer des documents à la fois pertinents et attractifs. Et pourtant, il existe quelques perles comme ce 14-18, Le bruit et la fureur.

Je suis tombé sur ce DVD par hasard en surfant sur les offres d’occasion d’un célèbre site marchand. Les commentaires dithyrambiques des internautes (et le prix modeste, il faut bien l’avouer) ont attiré mon attention. Mais ce qui m’a décidé à acquérir l’objet, c’est quand j’ai découvert que les commentaires étaient assurés par Alexandre Astier (le génial créateur de Kaamelott). Ma curiosité allait être comblée : 14-18, Le bruit et la fureur est un grand film.

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Tout d’abord, la problématique abordée est particulièrement intéressante :  pourquoi les soldats ont-ils accepté de se battre pendant si longtemps dans de telles conditions ? Certes, il y eut des mutineries mais peu nombreuses par rapport au nombre de mobilisés. Le point de vue défendu est le suivant : « la Grande Guerre a été entretenue par un consentement général ». L’hypothèse, bien argumentée, s’avère assez convaincante.

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Ensuite, le parti pris narratif est original. Plutôt qu’un exposé sur les événements, le réalisateur a décidé de faire raconter le conflit par un poilu qui l’a vécu et qui en est revenu. Ce poilu, c’est la voix de Alexandre Astier. S’appuyant sur un très bon texte, l’acteur livre une prestation épatante. S’adressant fréquemment au spectateur, le prenant à témoin, il rend le documentaire particulièrement immersif. Astier nous fait ressentir l’horreur des combats et des conditions de vie mais nous fait également partager les pensées et réflexions d’un soldat de base.

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Enfin, l’aspect formel est également un réussite. Les images d’époques, colorisées et sonorisée, sont la base du documentaire. Leur qualité est variable mais cela se comprend aisément vu l’age du matériau. On sait que de nombreuses scènes ont été tournées par l’armée après les événements mais cela n’enlève rien à leur aspect saisissant. Le réalisateur ne fait jamais appel à des reconstitutions actuelles pour combler les manques narratifs. Il préfère utiliser des extraits de films et téléfilms. Certains sont particulièrement impressionnants comme cette scène issue de Cœurs du monde (1918) de D.W. Griffith  montrant une charge d’infanterie à l’aide d’un travelling assez incroyable pour l’époque. De plus, cela permet d’entamer une réflexion sur la représentation de la Première Guerre au cinéma et dans l’inconscient collectif.

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Amateurs d’Histoire, de documentaires ou d’Alexandre Astier, procurez-vous ce documentaire, intelligent et accrocheur, qui mérite vraiment d’être vu.

 

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